Avril 2011 : la grenouille à grande bouche

Rainette
Rainette

A plat ventre au bord de la mare je me régale d’une petite rainette qui chante en gonflant son sac vocal comme un immense bubble gum…du coin de l’oeil je vois arriver une grenouille verte de bonne taille…ma rainette se met alors à nager dans sa direction et hop, la voici tout à coup prisonnière de la grande bouche  !!! Pattes étendues telles de grandes moustaches, elle ne bouge presque plus et son ventre rosis, compressé par la mâchoire de son prédateur... elle va mourir engloutie!


Grenouille verte et Rainette
Grenouille verte et Rainette

Rapidement, je me dis qu’il y a plus de grenouilles vertes que de rainettes, que la mare regorge de proies, que je l’ai peut-être involontairement dérangée, bref, je glisse mon doigt dans la bouche de la verte et j’en sors la petiote qui mettra 3 minutes pour récupérer et repartira bientôt chanter ses amours…

 

 

 

Avril 2011 : lagoparade

Lagopède alpin en parade
Lagopède alpin en parade

Cette année, la montagne est accessible bien plus vite que les autres années car la neige a fondu depuis longtemps et j’en profite pour me balader à l’aube sur une crête des Alpes après une bonne nuit sous les étoiles.


Je croise des grands mâles de bouquetins qui joutent et dont les coups de cornes résonnaient déjà avant le levé du jour, et puis, devant moi, m’observant sans crainte de son œil rond caronculé de rouge vif, un lagopède mâle chemine en picorant.


Je le vois tout à coup faire la roue avec sa queue, la femelle n’est pas loin et je les regarde fascinée, c’est la première fois que j'observe une parade nuptiale chez ces magnifiques gallinacées !

 

Madame est blottie sur un petit surplomb et Monsieur la rejoint en faisant à nouveau quelques petits pas de danse. La pluie se met à tomber, mais nous trois, nous nous en fichons : pour ma part, je déguste le moment, alors qu'eux ont l’air d’apprécier d’être ensemble !

 

 

 


Mai 2011 : le test du verni...

Ingrédients: un lac, un soir doux de printemps,une berge un peu interdite par son accès, des chaussures à la
main, une grande souche dans laquelle on se blottit, le soleil qui rougit au bout de l'eau, l'espoir de voir des animaux
qui augmente avec la lumière qui baisse, le clapotit qui rythme la symphonie des goélands, mouettes et foulques
alors que les merles, rougegorges et rossignols  rivalisent en envolées de sopranos..qui d'entre eux chantera le plus
longtemps? le rossignol à coup sûr, il restera le plus grand soliste de la nuit..


Je médite ainsi doucement offerte à tout ce qui m'entoure quand une grande ombre arrive à 20m de moi. Un Héron cendré se pose et je retiens mon souffle,  n'osant plus bouger dans les bras de bois du vieux saule. Mes pieds seuls émergent au-dessus de l'eau, la lune pleine
fait briller mes ongles empreint d'un léger vernis nacré.....comme les écailles d'un poisson??

Me vient alors l'envie de jouer avec le héron et je me mets à imiter entre mes lèvres pincées les cris sur-aigüs d'un petit rongeur !

A ma grande surprise, le héron arrive instantanément devant moi à grandes enjambées...Encore un pas, puis un autre, et le voici à 10cm de mes orteils luisants, tournant la tête, le bec prêt à me harponner...
Je ne respire plus du tout, je suis hypnotisée totalement et je finis au bord de l'asphyxie par bouger le gros orteil me disant que ce bec est quand même sacrément pointu!! Le héron recule d'un saut..mais revient encore, je sens son odeur, je n'ai jamais vu un héron de si près ...est-ce juste un rêve?? MAis il faut que je respire quand même un peu...l'oiseau percevra ce bruit et, avec un cri dissonant, prendra son envol.