Janvier 2012 : le dortoirs de Pinsons du Nord

Mi-janvier, il fait très froid et dans le Jura les étangs gélent.Cette année
la forêt craque sous nos pas , c'est un véritable tapis de faînes et de
glands qui va nourrir les mulots, campapagnols roussâtres, sangliers
et...les pinsons du nord!

 

Un dortoir d'environ 1 million d'oiseaux s'estcréé et dès 8h à l'aube et le soir vers 16h30, le ciel se couvre d'une véritable poussière de pinsons qui virevoltent en dessinant des figures aux formes fugaces et douces dans le ciel ! Spectacle impressionnant et émouvant qu'on a pas souvent loisir d'observer. Les éperviers et 1 faucon pèlerin traversent comme des flèches la nuée dans l'espoir, souvent couronné de succès , d'attraper en plein vol un de ces petits corps noir et orangé!

 

 

 

Mars 2012 : l'accouplement d'hermines

accomplement d'hermines
accomplement d'hermines

L'énergie drapée d'élégance, c'est l'hermine en hiver!
Cette folette en blanc manteau nous a particulièrement fascinées
durant  ces 2 dernières années surtout entre l'automne et sa mue printanière.

La photographier est un véritable défi sportif car on ne peut jamais deviner o'u elle ira et à quelle vitesse....elle jaillit de la terre, y retourne  en ressort avec un campagnol, décide de fêter sa  capture en courant en tout sens plus vite que l'éclair et le tampon de notre carte mémoire en reste figé car elle ne s'accorde aucun répit dans ces minutes de folies pures!


A fin mars il nous a été donné de vivre un peu de l'intimité de ce petit être mystérieux, en effet c'est avec le début de la mue que l'hermine va vivre ses secondes amours et ce jour-là, dans un lapias jurassien sous un doux soleil qui faisait fondre la dernière neige de la vallée, nous avons découvert que l'hermine encore blanche  qui hante ces lieux était une petite femelle et qu'elle avait un amoureux......


Il courait doucement la truffe au sol, son habit déjà bien brun sur le dos
et blanc safrané sur les flancs et  il nous est apparut plus grand que la femelle . Elle musardait de son côté, humant aussi les endroits oû il était  passé. Petit à petit, leurs effluves les ont rapproché et quand le mâle a vu la femelle, il s'est couché et frotté dans un petit carré d'herbe sèche...puis s'est immobilisé en attendant qu'elle s'approche. Elle l'a flairé, a posé sa tête sur son dos et tous deux sont partis dans un creux entre les pierres, là  des petits roucoulements rapides et doux  se sont fait entendre à 2 reprises et on a vu tout à coup les 2 bêtes enlacées se mordiller la tête entre les rochers dans une étreinte qui donnera , espéront le,  de jolis bébés en juin!!
 
Après ces moments exceptionnels , tous deux sont partis chasser de leur côté et nous avons suivi la femelle, peu farouche dans sa chasse . Elle , qui était merveilleusement belle blanche est rapidement devenue brune de terre. 

 

Durant sa quête elle revenait en surface pour se trainer sur le ventre dans la neige afin de se nettoyer au mieux...elle était épuisée et essoufflée car elle a passé quasi 45min sous terre avant de remonter cet énorme campagnol en surface. Il y a eu aussi de jolis moments de galops euphoriques puis de "coups de pompe" où on a vu notre petite dame
piquer du nez et fermer les yeux....

 

Une semaine plus tard, le mâle avait totalement mué et la femelle portait sur son dos une large bande brune et de jolies lunettes assorties!

 

 

 

 

Août 2012 : un soir dans les tourbières

Il existe encore dans les hautes vallées jurassiennes des petits îlots de tourbières, reliques  glacières qui nous transportent en quelques secondes dans les toundras scandinaves...

Les fleurs et la faune y sont  
riches et parfois particulières, ces petits paradis constituent des refuges indispensables aux chevreuils, renards , blaireaux, hermines, putois, vipères péliades, hiboux moyens-ducs, pipits farlouses , rossolis, utriculaires, pyroles par exemple, sans parler des libellules et autres insectes comme les cicindèles.

 

 

 

De plus, pas mal de grands corbeaux et de milans royaux sont venus s'abreuver dans les gouilles du sentier et, à la nuit, j'ai pu entendre les cris des putois qui se mettaient en chasse.
Imitant alors la souris pour espérer les apercevoir,j'ai attiré involontairement un moyen-duc qui a survolé, en silence, la petite lande dans les dernières lueurs du jour....

 

Un soir d'été, alors qu'une fois de plus je venais observer  le  rut des chevreuils et l'émancipation des jeunes renards, j'ai eu bien du plaisir à observer 2 renards curieux qui, après une chasseacrobatiques aux criquets et tipules, se sont tournés vers une chevrette qui paissait tranquillement...non, pas question pour elle de jouer avec eux, ils ont été d'abord regardé fixement puis dûment chargés au triple galop...les 2 jeunes renards n'ont pas insisté devant sa fougue, ils ont détalés les oreillesplaquéës en arrière... !!J'ai ensuite vu le grand mâle de ce bois poursuivre un jeune mâle qui râlait en courant, la bouche écumante, puis ce fut le tour d'une autre chevrette et ses 2 faons d'être coursée par le brocard. Décidément, ma tranquille tourbière était en ébullition ce soir-là!!

 

 

 

Noël au Paradis!

 

Pour échapper aux festivités, quoi de plus transcendant que d'aller 10 jours en montagne!  Le Parc National italien du Grand Paradiso nous a comblé par ses paysages fabuleux et ses animaux luttant contre les éléments.

 

Après quelques belles tempêtes de neige, nous avons vu la montagne se déchirer de toute part vers Noël, les avalanches tombaient toutes les 10 minutes et nous avons vu avec effroi des bouquetins se faire emporter...puis des jeunes chamois errer sans leur mère, des renards, des aigles et des Grands corbeaux se nourrir sur les dépouilles des victimes d'avalanches. Nous avons aussi observé des gypaètes avaler des tibias entiers sur les restes des bouquetins ou chamois.